07
Avril
2014
|
00:00
Europe/Paris

Suite à la parution des indicateurs de marché du 1er trimestre 2014 par Immostat, les directeurs de CBRE réagissent

Aurélie Lemoine, Directrice Etudes et Recherche s’exprime :


« Il est incontestable que le ressenti de marché s’améliore depuis le début de l’année, même si le mal-être économique et la faible amplitude de la reprise qui semble s’amorcer empêchent pour le moment de renverser la tendance. Déficit de demande du côté des utilisateurs, déficit d’offres proposées à la vente pour les investisseurs, le marché français est donc toujours en suspens. Les chiffres du 1er trimestre sont plutôt rassurants mais la prudence reste de mise. Si sur le marché des bureaux franciliens, le point bas du cycle pour les volumes placés semble atteint, ce n’est pas encore le cas pour les valeurs. Ces éléments confortent la plupart des acquéreurs dans des positionnements sécurisés même si les stratégies réintègrent progressivement une part de risque mesuré, quelques-uns se montrant même plus audacieux en anticipant le rebond. Les nouveaux entrants étrangers ont toutefois besoin d’être rassurés sur les fondamentaux de long terme et accompagnés pour dépasser le pessimisme ambiant. »


Roman Coste, Directeur Général Agency commente au sujet du marché des bureaux franciliens :


« Suite à la mauvaise année 2013, l’activité des 3 premiers mois de 2014 est plutôt encourageante avec 506 900 m² placés (+ 18,5 % sur un an).


Les transactions > 5 000 m², avec près de 245 000 m² placés, ont été portées par les regroupements et ont aidé à la bonne tenue de l’activité. D’ailleurs 2 opérations > 40 000 m² ont eu lieu, contre aucune en 2013. Cela est donc positif, même si j’y vois aussi la conséquence de signatures décalées de fin 2013 à début 2014. Il est donc encore trop tôt pour savoir si ce résultat n’est qu’un simple rebond technique ou l’amorce lente d’une dynamique profonde. Le climat économique et la confiance restent en effet dégradés malgré un léger frémissement, illustré par le raffermissement de la demande exprimée auprès de CBRE par rapport à début 2013, notamment pour les petites et moyennes transactions. La barre des 2 millions de m² placés sera normalement atteinte et dépassée en 2014. »


Nicolas Verdillon, Directeur du Capital Markets déclare :


« Sur les 3 premiers mois de l’année, près de 3,5 milliards d’euros d’engagements en immobilier d’entreprise banalisé (dont 3 milliards en Ile-de-France selon Immostat) ont été recensés. Les volumes sont donc bons, grâce à la conclusion de transactions engagées fin 2013 et surtout au dénouement du rachat de Cœur Défense. Par ailleurs, le « pipeline » de promesses, dont la concrétisation est attendue dans les semaines à venir, est impressionnant, permettant d’espérer atteindre le meilleur 1er semestre enregistré depuis 2007. Contre toute attente, le mur de la dette qui devait submerger l’immobilier européen s’est transformé en mur de capitaux. La France et en particulier la place parisienne, dans la foulée du marché londonien, commence à en bénéficier. Le retour des mega-deals atteste de la masse d’« equity » qui cherche à se placer dans l’immobilier mais aussi de la disponibilité retrouvée des financements. Il masque cependant la faiblesse des transactions de taille intermédiaire, qui constituent le cœur traditionnel du marché. Ces dernières se trouvent aujourd’hui handicapées par le déficit d’offres mais aussi par la difficulté pour les acquéreurs à apprécier le risque dans un environnement économique et locatif insuffisamment lisible. La poursuite, même ralentie, de la tendance à la compression de certains rendements « prime » pourrait aider à convaincre les vendeurs potentiels de remettre leurs actifs sur le marché. Mais la consolidation de l’économie française apparaît comme un préalable pour permettre à l’investissement français de renouer fondamentalement avec une réelle dynamique de croissance, à l’instar du reste de l’Europe. »