08
Avril
2014
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00:00
Europe/Paris

CBRE analyse les tendances du marché résidentiel en France

Alors que le marché immobilier français fait face à une lourde crise et est fragilisé par un manque de confiance généralisé, Françoise Héraud, Directrice de l’investissement résidentiel bloc au sein du département CBRE Capital Markets, dresse le bilan de ces dernières années et expose les tendances et les perspectives pour 2014. 


Photo Françoise Héraud


« Le cycle immobilier suivant son cours naturel, l’effet ciseau auquel est confronté le marché français depuis les années 2000 ne peut perdurer. C’est pourquoi une baisse des prix de 2 à 4 % et une belle montée du neuf en régions sont à prévoir, avec un rebond du marché à la clé.


Même si les investisseurs – majoritairement français – restent encore frileux et sont freinés par des contraintes de financement et des lois paradoxales, ils tendent à revenir plus largement en province. A l’échelle nationale, le Sud-Ouest et le Sud-Est de la France, ainsi que les grandes métropoles de régions (Lyon, Toulouse Montpellier, etc.), possèdent de réels atouts grâce notamment aux prévisions de grande croissance démographique. Quant à la 1ère et à la 2ème couronne parisienne, tout comme les villes situées à proximité des futures gares du Grand Paris, elles se dessinent comme de nouvelles opportunités à saisir.


Outre la mobilité géographique des populations, la façon de se loger tend également à évoluer. Pour répondre à la problématique d’un logement qui doit suivre les différentes tranches de vie de ses utilisateurs (étudiants, jeunes actifs, séniors, touristes, etc.), l’immobilier de service va devoir prendre une place plus importante.


De plus, le vieillissement du parc tertiaire français, déjà le plus ancien d’Europe, constitue un très bon levier pour répondre à la forte demande de logements, principalement en zones urbaines. Pour cette raison, on constate déjà une forte accélération de la transformation de bureaux vides en logements.


Attention toutefois à la loi Alur qui nous conduit vers une socialisation du parc locatif privé en attirant les investisseurs institutionnels tout en imposant un mécanisme de blocage des loyers. Ce texte de loi encourage en effet le manque de confiance des petits investisseurs privés qui préfèrent alors vendre plutôt que de se retrouver face à un rapport locatif défavorable…


Heureusement, le statut du logement intermédiaire a su séduire les institutionnels en améliorant le rendement des biens. C’est pourquoi il y a de bonnes raisons d’espérer un vrai retour des investisseurs en France. »