23
Février
2009
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00:00
Europe/Paris

CB Richard Ellis offre sa vision du marché actuel face à la crise

Marc-Henri Bladier, Directeur de la ligne de produits Bureaux, prend la parole :


Alors que les années 2006 et 2007 avaient témoigné d’un dynamisme certain en termes de volumes commercialisés (5,6 millions loués ou vendus au total), les 3ème et 4ème trimestres 2007 commençaient déjà à marquer le pas en réaction aux balbutiements de la crise financière. Quelques mois plus tard, cette crise touche l’ensemble de l’économie mondiale, les pays en fort développement voient leur croissance fléchir alors que les pays « développés » sont entrés peu ou proue en récession au cours de l’année 2008.


Incidence directe, les décisions immobilières ont été revues pour servir au mieux de levier aux plans d’économies lancés par les entreprises. Certaines ont opté pour le déménagement, d’autres pour la rationalisation des surfaces, quitte à se « tasser » un peu. Quoi qu’il en soit, la demande placée 2008 a marqué un point d’inflexion par rapport aux années précédentes et 2009 s’annonce comme une année tendue.


L’impact de ce ralentissement n’a pas tardé se concrétiser sur les mises en chantier. Les professionnels de l’immobilier ont vu réapparaitre les ombres des vieux démons de la crise des années 90. De ce fait, les promoteurs et les investisseurs ont ajusté, autant que faire se peut, les mises en chantier pour éviter une augmentation incontrôlée du marché et ajouter un dilemme immobilier aux soucis financiers. Ainsi, en 2008, environ 1 million de m² de bureaux ont été mis en chantier sur l’ensemble du territoire francilien, un volume quasi stable par rapport à 2007 et de – 13 % par rapport à 2006 (source DREIF). Les leçons du passé ont été retenues et dans la situation actuelle, nous ne nous dirigeons pas vers une situation de suroffre, à moins d’une explosion des libérations, ce qui, à l’heure actuelle, nous semble exclu. Ce réajustement est d’autant plus rassurant qu’il est conjugué à un taux de pré-commercialisation assez important. Depuis 2006, 1,2 million de m² ont été loués ou vendus avant leur disponibilité ou livraison, soit 41 % des mises en chantier recensées sur la période. Au plus fort de la dernière crise, en 1993 – 1994, le stock certain à moins d’un an s’élevait à 4,6 millions de m² représentant 11,5 % du parc de l’époque, contre 4,1 millions de m² aujourd’hui, soit 8 % du parc.


Certes, cette tendance est à affiner en fonction des zones géographiques. Autant à Paris, notamment dans le QCA, cette tendance est marquée et pérenne du fait du nombre restreint de chantiers. En revanche, les communes de 1ère Couronne ont sans doute un peu plus de raisons de s’inquiéter. Toutefois, force est de constater qu’en période de recherches d’économies, ces zones attirent à juste titre les sociétés. LCL à Villejuif et la FNAC à Ivry-sur-Seine sont deux exemples de l’intérêt que représentent les immeubles neufs de 1ère Couronne pour les utilisateurs aujourd’hui.


La situation est critique, mais pas catastrophique. Les lancements « en blanc » sont maitrisés, les projets sont reportés dans le temps, annihilant les risques de crise immobilière mais préparant la rareté d’après crise.